Lundi 6 Février 2012
Loisi-nature.com
Jeudi 28 Janvier 2010

Dans le secret de la Violette de Toulouse

Chaque année, au mois de février, Toulouse célèbre, lors d'une fête haute en couleur et en senteur, sa fleur emblème, la violette. A cette occasion, Loisi-nature.com vous propose un détour par les serres municipales où est établi le Conservatoire national de la violette.



Photo © Loisi-nature.com
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Au 19 boulevard de la Marne, le long du canal éponyme, se dresse l’une des richesses architecturales de la ville de Toulouse : les serres municipales, en partie classées aux monuments historiques. Outre les nombreux végétaux, récoltés ici pour ornementer les massifs toulousains, les serres abritent, depuis 1994, la collection du Conservatoire national de la violette. Horticultrice de formation, Nicole Arseguet (photo ci-contre) est responsable de cette collection pour la mairie de Toulouse. "Les premiers pieds nous ont été donnés par monsieur Barandou, un ingénieur-horticulteur passionné par la violette." raconte-t-elle. "Le reste s’est constitué grâce à des échanges, pas toujours faciles à réaliser car les collectionneurs gardent jalousement leurs violettes." Aujourd’hui, le Conservatoire compte 80 espèces sur les 400 répertoriées dans le monde. Avellam, Viola Napolitean, Perles Rose, Baby Blue, Elisabeth Lee, Comtesse of Charlbury… Des noms qui résonnent comme une invitation au voyage.

La violette en son royaume

Photo © Loisi-nature.com
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Parmi la multitude de violettes visibles sous les serres, une espèce est plus particulièrement représentée : la Violette de Toulouse. Pour perpétuer la tradition, mille pots y sont cultivés chaque année, puis plantés dans les parcs de la ville. "L’ancêtre de la Violette de Toulouse était une fleur simple" raconte Nicole Arseguet. "Selon la légende, c’est un soldat de Saint-Jory (village au nord de Toulouse, ndlr) qui aurait amené cette bouture de Parmes à son retour des guerres d’Italie" poursuit-elle. "Celle-ci aurait ensuite été modifiée par les horticulteurs et les jardiniers pour devenir la Violette de Toulouse que nous connaissons aujourd’hui." Très odorante, dotée d’une cinquantaine de pétales, la petite fleur "locale" se distingue aussi par sa stérilité, une caractéristique, qui, si elle a contribué à sa renommée, l’a peut-être également conduite à sa perte.


Grandeur et décadence

Photo © Loisi-nature.com
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La Violette de Toulouse connaît son heure de gloire au début du XXe siècle, avec un engouement européen pour ses bouquets aux fragrances délicates. Puis, dans les années 1950, c’est le déclin, attribué principalement à la maladie de la plante. Il faudra attendre plusieurs années avant qu’un ingénieur agronome ne s’intéresse à la violette, la sauvant par la culture in vitro d’une possible disparition. Pourtant, aujourd'hui, malgré l'aide de la science, la culture de la Violette de Toulouse semble à nouveau s’essouffler. "Cultiver cette violette constitue une activité contraignante", rappelle Nicole Arseguet. "C’est une fleur stérile qui se reproduit par bouturage de stolons (petites tiges sur le côté, ndlr). Autrefois, les jardiniers et les horticulteurs cultivaient la Violette de Toulouse comme un complément de revenu en période hivernale, aidés par leurs parents qui s’occupaient de faire les boutures et de ramasser les fleurs." C’était alors une affaire de famille...

La Fête de la violette

Photo © Loisi-nature.com
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Si la culture de la frêle petite fleur s’essouffle dans la région de Toulouse, l’enthousiasme pour la faire connaitre ne semble pas décliner. Des associations, des commerçants, agissent chaque jour pour sa pérennité en proposant notamment des "repas violets" ou des produits dérivés. Autre preuve de ce dynamisme, depuis 2003, la Fête de la Violette est officiellement organisée chaque année dans la ville rose. A cette occasion, les 6 et février 7 prochains, aux côtés des stands de bonbons, de confitures et autres pins d'épices au goût de violette, Nicole Arseguet exposera les plus beaux pots fleuris de "sa" collection. Des pots de violettes de Toulouse, bien sûr, mais aussi des pots de violettes originaires d’Amérique du Nord, de Chine, du Japon, d’Angleterre, de Sicile, de France ou d’Australie, qui offriront aux yeux de tous leur large palette de couleurs. Et s’il n’y avait qu’une seule raison de se rendre à la Fête de la violette, ce serait celle-là.


Pratique :
Les serres municipales sont fermées au public, sauf pendant les "portes ouvertes". Les prochaines auront lieu les 8 et 9 mai 2010.

>> En savoir plus sur la Fête de la violette


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